Le flot visuel : fleuve
de l’hémisphère droit
Vincent Sauriol-Nadeau
Nous allons tenter
de créer une séquence d’images sans scénario. L’absence de scénario enlève
toute notion de chronologie et de narration. Pour ce faire, il va falloir que
le cerveau gauche, celui qui fonctionne par concept, soit subordonné au cerveau
droit qui fonctionne par la lecture directe et émotive de l’image.
La différence
entre une séquence d’images et un groupe d’images repose sur le flot
visuel. Comme son nom l’indique, le flot visuel est une considération
purement visuelle. Il n'a rien à voir avec les scénarios ou la
chronologie. C`est une évolution
semblable au développement des thèmes en composition musicale.
Quand nous
commençons à ordonner les images d’une séquence, nous sommes immédiatement
confrontés à de nouveaux défis : qu'est-ce qui détermine l'ordre des images?
Comment choisir la position de l’image dans la séquence ? Par quelle image commencer? Par laquelle
vaut-il mieux conclure?
Les images sont
ordonnancées selon leurs qualités formelles et émotives. Cela signifie qu’il est impératif, pour le
photographe, de demeurer sensible aux qualités évoquées par chaque image afin
de créer une transition douce et logique. Il s’agit d’une transition graphique.
Les masses de densité, la texture et la lumière fournissent le pont qui permet
à certaines images de se fondre l’une dans l'autre.
La première image
constitue le point de départ de la séquence. Tout comme une sorte
d’introduction, elle annonce l’humeur et les saveurs graphiques de la séquence
d’une façon simple et invitante. La séquence devrait évoluer, donc approfondir,
élargir, développer les thèmes visuels. Autre considération : la première
et la dernière image sont les plus stables.
Celle qui termine la séquence doit résoudre les thèmes, faire écho à la
première et témoigner de la distance qui les sépare.